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Condamné pour agressions sexuelles, cet étudiant en médecine peut-il continuer d’exercer ?

Fr.maarifpress.com

Un étudiant en médecine de l’université de Limoges a dû être réintégré dans le service du CHU où il exerçait après une décision de justice.

Condamné pour agressions sexuelles, cet étudiant en médecine peut-il continuer d’exercer ?
Le CHU de Limoges a exclu un étudiant en médecine qui était en stage après deux condamnations pour agressions sexuelles. Avant de devoir le réintégrer à la demande du tribunal administratif.
Le CHU de Limoges a exclu un étudiant en médecine qui était en stage après deux condamnations pour agressions sexuelles. Avant de devoir le réintégrer à la demande du tribunal administratif.

 

Une pétition a été lancée pour demander qu’un conseil disciplinaire se réunisse d’urgence.

La pétition a pris de l’ampleur ces derniers jours et dépasse les 25.000 signatures, bien aidée par la médiatisation de l’affaire. Créée par un collectif baptisé Emma Auclert, elle ne changera sans doute rien à l’histoire. Mais elle vient souligner le malaise qui règne aujourd’hui au sein de la faculté de médecine de Limoges (Haute-Vienne).

C’est dans les murs de cette université que Nicolas W. est inscrit depuis 2021. Précédemment, le jeune homme était étudiant à Tours, où ses deux parents exercent comme radiologue et comme médecin généraliste. Il avait dû quitter l’Indre-et-Loire de manière un peu précipitée pour intégrer l’université de Limoges en 2021. Un changement rare pour les étudiants de second cycle. La raison était judiciaire.

Soupçonné de faits de viol et d’agressions sexuelles, l’étudiant avait été placé en détention provisoire avant d’être libéré mais sous contrôle judiciaire avec une mesure stricte : interdiction de paraître en Indre-et-Loire. En attendant son jugement, il pouvait reprendre ses études, mais pas à Tours. A Limoges, où il a été « exfiltré » selon un proche du dossier, le passé de l’étudiant a d’abord été caché. Mais ses récentes condamnations ont créé un véritable malaise dans les rangs de la fac de médecine.

Condamné pour agressions sexuelles, cet étudiant en médecine peut-il continuer d’exercer ?
Le CHU de Limoges a exclu un étudiant en médecine qui était en stage après deux condamnations pour agressions sexuelles. Avant de devoir le réintégrer à la demande du tribunal administratif.

 

Accusé de viol et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, il avait été « transféré » de l’université de Tours avant d’être condamné à deux reprises par la justice.
Une pétition a été lancée pour demander qu’un conseil disciplinaire se réunisse d’urgence.

La pétition a pris de l’ampleur ces derniers jours et dépasse les 25.000 signatures, bien aidée par la médiatisation de l’affaire. Créée par un collectif baptisé Emma Auclert, elle ne changera sans doute rien à l’histoire. Mais elle vient souligner le malaise qui règne aujourd’hui au sein de la faculté de médecine de Limoges (Haute-Vienne).

C’est dans les murs de cette université que Nicolas W. est inscrit depuis 2021. Précédemment, le jeune homme était étudiant à Tours, où ses deux parents exercent comme radiologue et comme médecin généraliste. Il avait dû quitter l’Indre-et-Loire de manière un peu précipitée pour intégrer l’université de Limoges en 2021. Un changement rare pour les étudiants de second cycle. La raison était judiciaire.

Soupçonné de faits de viol et d’agressions sexuelles, l’étudiant avait été placé en détention provisoire avant d’être libéré mais sous contrôle judiciaire avec une mesure stricte : interdiction de paraître en Indre-et-Loire. En attendant son jugement, il pouvait reprendre ses études, mais pas à Tours. A Limoges, où il a été « exfiltré » selon un proche du dossier, le passé de l’étudiant a d’abord été caché. Mais ses récentes condamnations ont créé un véritable malaise dans les rangs de la fac de médecine.

« Non, je ne savais rien, mais j’assume »
Avant même son arrivée à Limoges, le cas de Nicolas W. avait déjà fait l’objet de mobilisations d’étudiants demandant à la fac de Tours de réagir en lui interdisant l’accès au campus. « Les victimes qui dénonçaient un viol et des agressions sexuelles étaient aussi étudiantes en médecine. Donc, elles se retrouvaient sur les mêmes bancs que lui », rappelle Me Eric Morin, qui défend les deux victimes qui se sont portées partie civile. Accepté à l’université de Limoges, Nicolas W. avait rétrogradé en 4e année de médecine, le temps de rattraper son retard lié à son incarcération.

En dehors du doyen de l’époque, personne n’était au courant des plaintes qui le visaient, pas même la présidente de l’université. « Non, je ne savais rien, mais j’assume. Je déplore qu’on n’ai pas pu en discuter. Les facs de médecine sont un peu à part », estime Isabelle Kloch-Fontanille.
La présidente de l’université de Limoges rejette cependant toutes les critiques visant son établissement, que certains accusent de laxisme. « On n’a pas fermé les yeux et il n’y a aucune omerta. On a travaillé main dans la main avec le CHU pour prendre toutes les mesures de protection nécessaires. Pour moi, c’est tolérance zéro mais dans le respect de la loi et de la présomption d’innocence », assure Isabelle Kloch-Fontanille.

Pourquoi n’a-t-elle pas exclu Nicolas W. ?
L’hôpital où l’étudiant était en stage au sein du service oncologie a en effet décidé d’exclure le jeune praticien, estimant qu’il ne pouvait pas exercer compte tenu de ses récentes condamnations à cinq ans de prison avec sursis et quatre mois avec sursis.

L’étudiant, conseillé par le ténor Alain Jakubowicz, avait saisi le tribunal administratif et obtenu sa réintégration. Motif ? « Il n’est pas établi que le requérant ait été à l’origine de troubles ou d’incidents dans le cadre de ses différents stages au sein de l’établissement de santé, ayant fait ou faisant l’objet de poursuites disciplinaires par l’autorité universitaire », selon le délibéré qu’on  a pu consulter. Si le CHU avait décidé de l’exclusion du mis en cause, c’est en raison de sa condamnation récente à cinq ans de prison avec sursis pour des faits d’agressions sexuelles et d’un viol sur des camarades de la fac.

Déjà condamné quelques mois plus tôt
Jugé coupable, l’étudiant avait pour la seconde fois reconnu les agressions, après une première condamnation prononcée en 2023 pour des faits commis lorsqu’il était mineur. Récidiviste, il avait échappé à la cour d’assises, la jeune femme ayant porté plainte pour viol ayant accepté de « correctionnaliser » son dossier. Une méthode qui permet d’obtenir une audience devant un tribunal correctionnel, notamment pour éviter un délai de jugement plus long.

Nicolas W. avait notamment été reconnu coupable d’avoir pénétré une jeune femme qui dormait lors d’une soirée étudiante organisée chez la victime, à Tours. « On parle de quelqu’un qui a abusé de jeunes femmes sans leur consentement. Il y a tout : la multiplicité des victimes, la répétition dans le temps et la dangerosité crescendo. Pour mes clientes, c’est inconcevable qu’il puisse devenir médecin », dénonce Me Marc Morin.
Ce dernier s’étonne notamment que le mis en cause ait pu effectuer un stage en gynécologie, alors même que plusieurs plaintes dénonçant des actes sexuels non consentis avaient été déposées. « C’est comme si on laissait un pédophile travailler dans une garderie d’enfants », tacle l’avocat, qui insiste sur la « dangerosité » du mis en cause.

Le psychologue qui a examiné Nicolas W. dans le cadre de l’enquête s’est montré plus mesuré. Il « n’a relevé aucune tendance psychopathique ni trouble de la personnalité » et estimé que « le mis en examen avait opéré un travail introspectif depuis les faits », notamment en entamant un protocole de soins.

Une commission disciplinaire, mais quand ?
A la fin du mois, Nicolas W. devrait passer ses examens comme tous ses camarades de promo. S’il obtenait son diplôme, il pourrait postuler à un internat mais forcément dans une autre université que celle de Limoges. L’accepteront-elles maintenant que son dossier a été médiatisé ? Impossible de le savoir. En attendant, l’université de Limoges se dit « prête à saisir la commission disciplinaire » de l’établissement. Elle doit pour cela attendre de recevoir le jugement rendu le 19 mars dernier et la condamnation à cinq ans de prison avec sursis prononcée.

« On doit respecter les règles. On a demandé, téléphoné, fait des courriers pour obtenir la décision. On attend toujours », assure la présidente de la fac. Cette commission pourrait alors décider d’exclure l’étudiant, voire de lui interdire l’accès à toute université. Remettant en cause ses espoirs de devenir radiologue, comme son père.

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