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L’absence des parlementaires lors du vote et de l’approbation du projet de loi pénale : Un message adressé à l’État !

Fr.maarifpress – politique

Le phénomène d’abssence des parlementaires lors de la séance de discussion et de vote sur le projet de loi pénale, avec 333 membres absents, représentant aussi bien la majorité que l’opposition, requiert une analyse approfondie, tant dans sa forme que dans son fond. Il convient de s’interroger si ce phénomène d’abssence constitue un message de menace et d’avertissement adressé davantage à l’État qu’au gouvernement, avec lequel un accord préalable de non-participation pourrait exister, dans le but de cesser la poursuite judiciaire des parlementaires.
Quiconque suit les travaux parlementaires comprend que le phénomène de l’absentéisme est lié à plusieurs facteurs, dont les principaux sont :
Le faible respect du Code d’éthique parlementaire
Malgré l’existence d’un code d’éthique parlementaire, son application reste inefficace, ce qui encourage certains parlementaires à considérer les travaux du Parlement comme une question secondaire. Ceci est d’autant plus préoccupant que les séances parlementaires sont constitutionnelles, consignées dans des procès-verbaux et publiées au Bulletin Officiel.
La concomitance des séances plénières avec d’autres engagements
Certains députés peuvent s’absenter en raison d’autres engagements, tels que leur appartenance à des commissions permanentes ou leurs missions à l’étranger. Cependant, l’absentéisme collectif lors de la séance plénière de discussion et de vote sur la loi pénale est une problématique fondamentale, tant sur le plan constitutionnel que juridique. Elle peut être interprétée comme un message clair de menace et d’avertissement adressé à l’État. On peut citer en exemple la déclaration d’Aziz Akhannouch, qui menaçait de connaître les deux tiers des hommes d’affaires, leur disant : « soit vous nous laissez travailler, soit nous prendrons une autre décision ». De même, les propos de Mohamed Oujar, membre dirigeant du RNI des Indépendants, qui a affirmé : « si vous ne votez pas pour le Rassemblement National des Indépendants, le Maroc connaîtra un problème national. »
La faible surveillance populaire
Certains députés peuvent avoir le sentiment de ne pas être responsables envers la nation et leurs électeurs, ce qui réduit leur motivation à assister et à exercer leur fonction représentative.
Autres facteurs contribuant à ce phénomène :
* La nature du travail parlementaire : Certains députés peuvent trouver le travail parlementaire ennuyeux ou improductif, ce qui les pousse à s’absenter.
* Le manque d’incitations : Il peut ne pas y avoir d’incitations suffisantes pour encourager les députés à assister, telles que des récompenses ou des sanctions, malgré les nombreux privilèges dont ils bénéficient : carburant, transports ferroviaires gratuits, hébergement hôtelier gratuit, vols Royal Air Maroc, et d’autres avantages qui restent confinés aux salons privés.
* La diversité des tâches : Les députés peuvent avoir d’autres engagements en dehors du Parlement, tels que leurs activités privées ou leurs autres activités politiques, ce qui rend difficile pour eux de maintenir une présence assidue.
Les conséquences de l’absentéisme parlementaire
L’absentéisme des parlementaires lors des séances plénières est un problème fondamental qui soulève de nombreuses questions sur l’étendue de leur engagement envers leurs responsabilités et leurs devoirs envers leurs électeurs. Ce phénomène reflète une image négative de l’institution législative et affaiblit sa crédibilité.
Les effets de l’absentéisme parlementaire sont graves et ses inconvénients sont multiples :
Premièrement, il confirme l’affaiblissement du rôle du Parlement en tant qu’institution de contrôle et de législation.
Deuxièmement, il diminue la qualité des législations et des lois qui sont étudiées et discutées au sein des commissions spécialisées et des séances plénières, jusqu’à l’étape du vote et de l’approbation.
Troisièmement, il alimente le désintérêt des citoyens pour la participation politique et la perte de confiance dans les institutions élues.
Quatrièmement, il permet le contrôle de la presse et l’achat de ses consciences par un « prix de la corruption politique » déguisé en prix annuel du journalisme parlementaire.
Toutes ces manifestations négatives contribuent à la généralisation et à la légitimation de la corruption, transformant le Parlement en un simple bureau d’enregistrement pour la validation des lois, que les parlementaires soient présents ou non. Cela vide l’autorité de contrôle du Parlement de sa substance et de ses responsabilités constitutionnelles.

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