Fr.maarifpress – politique
Par : Abou Mayssoun
Dans le tourbillon des mutations géopolitiques qui redessinent les contours de cette année 2026, le Maroc se retrouve confronté à un dilemme énergétique complexe qui dépasse les simples statistiques pour toucher au cœur même de la souveraineté nationale.
Alors que les tambours de guerre résonnent au Moyen-Orient et que les voies de navigation internationales s’enlisent dans l’instabilité, le silence assourdissant du gouvernement et des « cartels » de l’énergie verte soulève de graves interrogations. La rupture des approvisionnements en gaz naturel, devenue une réalité menaçante pour la stabilité du réseau électrique national, a révélé une fragilité inattendue de nos infrastructures de stockage stratégique, lesquelles n’ont guère dépassé le seuil critique des trente jours au plus fort de la crise.
Cette situation a poussé le Royaume vers un « retour forcé » aux bras du charbon pour garantir le service minimum aux industries et aux foyers, illustrant une contradiction flagrante avec les discours ambitieux de transition énergétique portés sur la scène internationale.
Ce recours massif au charbon, bien qu’il constitue une soupape de sécurité temporaire, place l’exécutif sur le banc des accusés concernant les retards de mise en œuvre des grands projets de dessalement de l’eau par énergies renouvelables et l’entrée en service effective du gaz local des gisements de Tendrara et Anchois.
L’économie nationale demeure ainsi otage de la volatilité des prix mondiaux du gaz naturel liquéfié (GNL), dont les cours ont atteint des sommets records suite aux tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz.
Alors que l’opinion publique attend des clarifications transparentes sur le coût de cette transition et son impact direct sur le pouvoir d’achat des citoyens, les autorités de tutelle, de concert avec les lobbies dominant le secteur des énergies renouvelables, optent pour un mutisme suspect.
Ce silence alimente les hypothèses d’ententes conclues à huis clos, favorisant les intérêts de certains groupes économiques au détriment de la transparence et de la libre concurrence.
Le véritable défi auquel le Maroc est confronté aujourd’hui ne réside pas dans l’abondance du vent ou l’éclat du soleil, mais dans la capacité à transformer ces ressources en une véritable indépendance énergétique, tangible pour le citoyen sur sa facture mensuelle et non seulement dans les rapports internationaux élogieux.
Tandis que le gouvernement mène une course contre la montre pour sécuriser des cargaisons alternatives via le gazoduc Maghreb-Europe en flux inversé, une question fondamentale reste en suspens : jusqu’à quand la sécurité énergétique des Marocains restera-t-elle l’otage du silence des responsables et des ambitions des cartels, alors que le charbon demeure l’unique sauveur en temps de crise ?
La phase actuelle exige une véritable mise à nu qui rompt avec la politique de « gestion de crise par le minimum communicationnel » et place l’intérêt de la nation au-dessus des calculs des lobbies économiques, lesquels semblent être les grands bénéficiaires du vacarme des slogans verts et du silence des actions de terrain.
fR.maarifpress.com Htpps://fr.maarifpress.com
