Comment Ali Lmrabet a-t-il sauvé sa peau face aux plans de Chengriha et au marécage de l’instrumentalisation algérienne ?
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Le journaliste opposant Ali Lmrabet est arrivé à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger en provenance de Barcelone, une démarche qui a surpris les milieux politiques et médiatiques.
Ce voyage ne peut en aucun cas être considéré comme un oubli ou une simple coïncidence passagère.
Il marque plutôt un tournant dramatique dans le parcours de l’homme et illustre la nature complexe des relations entre l’opposition à l’étranger et les services de sécurité régionaux.
Une lecture approfondie des coulisses de ce retour inattendu mène directement à une hypothèse forte : Lmrabet s’est retrouvé au cœur de la tempête après que les voies se sont refermées devant lui en Europe, suite à des menaces existentielles directes de la part des services de sécurité et de l’armée algérienne, ou ce qui est communément appelé dans le jargon médiatique les laboratoires du « Caporal » Saïd Chengriha.
Cette hypothèse analytique s’appuie sur des informations circulantes suggérant que le journaliste marocain aurait pu s’engager auparavant, sous certaines pressions ou incitations, dans une coordination par laquelle le complot algérien lui fournissait des liquidités financières et des facilités logistiques. L’objectif central de cette coordination était d’attirer ou de livrer son ami, l’activiste « El Hijawi », que Lmrabet a tenté de vêtir de « l’habit militaire » et de présenter comme une figure centrale du conflit sécuritaire régional.
Cependant, l’échec cuisant de cette opération et l’incapacité de Lmrabet à honorer ses engagements envers les services qui le finançaient l’ont automatiquement transformé d’allié ou d’outil fonctionnel en un lourd fardeau sécuritaire et une boîte à secrets ambulante dont il fallait se débarrasser.
C’est la politique habituelle dans les guerres de factions et de services de renseignement pour clore les dossiers ratés.
Face à cette menace réelle de liquidation physique et morale par les éléments de Chengriha en Europe – qui n’est plus un refuge sûr en raison de l’infiltration des réseaux de règlements de comptes –, Lmrabet n’a eu d’autre choix que de « sauver sa peau » en se tournant vers la dernière et unique option restant sur l’échiquier : le retour au pays. Il s’est appuyé pour cela sur la grâce royale dont il avait bénéficié le 7 janvier 2004, et à la suite de laquelle une délégation de journalistes l’avait accueilli à l’époque aux portes de la prison de Salé.
L’ancienne journaliste Fatiha Layadi lui avait alors posé la question : « Es-tu heureux de la grâce royale ? », ce à quoi il avait répondu en français : « Je suis anti-monarchique ».
Cette démarche résonne comme un aveu implicite flagrant que l’État marocain, avec ses institutions et ses lois, demeure le premier et le dernier protecteur de ses citoyens, indépendamment de leurs positions politiques passées.
Elle montre également que l’enfer de l’opposition à l’étranger et le marécage de l’instrumentalisation par les adversaires sont devenus bien plus dangereux que de faire face aux conséquences juridiques ou politiques à l’intérieur du Maroc.
Le choix spécifique de l’aéroport de Tanger représente la porte de salut par laquelle Lmrabet est passé pour rompre de force ses liens avec les plans du palais d’El Mouradia, préférant sa sécurité personnelle dans son pays plutôt que de rester l’otage des menaces de services de renseignement algériens qui ne pardonnent pas l’échec… et qui lui avaient imposé des dictats, comme l’affichage d’une carte internationale montrant le Maroc amputé de son Sahara, telle qu’elle apparaît sur la photo.
Cette thèse est d’ailleurs explicitée par les médias du renseignement algérien, qui se sont empressés de s’intéresser au sujet de son interpellation dès son arrivée de Barcelone à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger.
Par : Abou Maymoun
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