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Le Maroc franchit un cap historique : premières récoltes d’huile d’argan issue de l’agriculture moderne dès cet été

Fr.maarifpress – politique

 

Le Royaume s’apprête à vivre un tournant majeur pour sa souveraineté économique et sa résilience climatique. L’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA) vient d’officialiser l’entrée en phase de maturité des programmes d’arganiculture. Après des années de recherche scientifique et d’expérimentations rigoureuses, le Maroc procédera, dès l’été prochain, à l’extraction des premières quantités d’huile d’argan provenant exclusivement de vergers modernes, marquant ainsi le passage de l’état de forêt sauvage à une exploitation agricole structurée.

Lors de la 6ème Journée Internationale de l’Arganier, tenue à Essaouira le 09 Mai 2026, Latifa Yaakoubi, Directrice Générale de l’ANDZOA, a salué cette réussite : « Avec l’arrivée de l’été prochain, nous commencerons à récolter les fruits de nos efforts. Ce succès de terrain n’aurait pu voir le jour sans une mobilisation exemplaire et une symbiose parfaite entre les ayants droit, les professionnels et, surtout, les femmes rurales qui sont le cœur battant de nos coopératives. C’est ce front uni qui transforme aujourd’hui l’innovation de laboratoire en une réalité économique tangible pour nos territoires. »

Cette avancée est le fruit du succès du programme de « Développement de l’Arganiculture dans les Zones Vulnérables » (DARED). Co-financé par le Fonds Vert pour le Climat, ce projet d’envergure a outrepassé ses cibles initiales avec la plantation de plus de 10 000 hectares répartis sur 46 communes dans les régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun.

Le bilan chiffré de l’ANDZOA témoigne de l’impact social du projet : 5 300 agriculteurs en bénéficient directement, dont plus de 1 600 femmes rurales. Sur le plan technique, le secteur a opéré une mutation profonde : le nombre de pépinières agréées est passé de zéro à 67, proposant désormais une dizaine de variétés génétiquement améliorées. En parallèle, 115 ouvrages de collecte des eaux de pluie ont été édifiés, offrant une capacité de stockage de 23 000 m³ pour sécuriser l’irrigation d’appoint lors des épisodes de sécheresse extrême.

Ces résultats reposent sur une expertise scientifique pointue. Les itinéraires techniques développés ont permis d’augmenter le taux de croissance des plants de 220 % grâce à une fertilisation rationnelle. Cette prouesse permet d’atteindre une phase de production en seulement 5 ans, contre plusieurs décennies dans le modèle naturel, offrant ainsi un rendement rapide tout en soulageant la pression sur l’arganeraie forestière.

Au-delà de la production d’huile, ces vergers constituent un actif environnemental stratégique. En interaction avec le sol, ils séquestrent jusqu’à 60,8 tonnes de carbone par hectare et préservent une biodiversité de 129 espèces végétales. Cette performance écologique ouvre désormais la voie aux marchés internationaux du carbone. À terme, cette capacité de stockage sera convertie en revenus financiers supplémentaires et durables pour les coopératives et les femmes rurales, transformant ainsi la protection de l’environnement en un levier de prospérité économique.

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