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Les premières journées de la transition énergétique à Tanger pour un Maroc sans charbon d’ici 2040

Fr.maarifpress- politique

Les 3 et 4 novembre 2023, la ville de Tanger a été le théâtre des premières journées de la transition énergétique. Cet événement a réuni un large éventail d’acteurs, allant des représentants de la société civile aux membres du Conseil de la région de Tanger, en passant par les institutions publiques, ainsi que des experts et des professionnels du secteur de l’énergie. L’objectif central de ces journées était de préparer un plaidoyer visant à concrétiser l’engagement du Maroc à éliminer progressivement le charbon de son mix énergétique d’ici 2040, dans le cadre de sa stratégie de transition énergétique.

L’initiative de « sortir du charbon d’ici 2040 » constitue une décision audacieuse qui reflète la détermination du Maroc à mettre un terme à l’utilisation du charbon pour la production d’électricité d’ici 2040, dans le contexte plus large de la transition énergétique mondiale. L’objectif est de réduire la dépendance aux combustibles fossiles et de promouvoir des sources d’énergie propres et durables.
La première journée de cet événement a été marquée par une table ronde consacrée à la contribution des initiatives en matière d’énergies renouvelables à la transition énergétique. Les participants, issus de divers horizons, ont partagé leurs expériences et débattu des défis locaux et nationaux liés à cette transformation. Le deuxième jour a été consacré à l’examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre des orientations énergétiques stratégiques du Nouveau Modèle de Développement du Maroc, en mettant particulièrement l’accent sur les mesures visant à accélérer l’abandon progressif du charbon d’ici 2040.
Ces journées avaient pour buts multiples de créer un espace de dialogue entre les participants et les parties prenantes afin de relever les défis inhérents à la transition énergétique. Cela impliquait le partage d’expériences locales et nationales, ainsi que la mise en commun des pratiques de gouvernance et d’intégration locale, dans le but de réaliser une transition énergétique équitable.
Les discussions ont porté sur diverses questions cruciales, telles que l’ouverture à la concurrence, l’établissement d’une tarification transparente et évolutive, la modernisation des règles régissant le secteur, la promotion de la production décentralisée, l’intégration de la digitalisation dans le secteur de l’électricité, et la place du gaz naturel au sein du bouquet énergétique du pays.
Une attention particulière a été portée à l’efficacité énergétique en tant que levier essentiel de cette transition. Les participants ont souligné que l’efficacité énergétique n’était pas pleinement exploitée, malgré son potentiel pour générer des économies considérables et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il est à noter que l’objectif initial d’économiser 12 % d’énergie d’ici 2020 et 15 % d’ici 2030 a été revu à la hausse, fixé désormais à 20 % d’ici 2030, conformément à la nouvelle stratégie d’efficacité énergétique.
Ces journées avaient également pour dessein de préparer un plaidoyer inclusif, en collaboration avec toutes les parties prenantes, en vue de mettre en place un programme d’action clair visant à réaliser l’engagement, annoncé lors de la COP26 à Glasgow, de se passer du charbon d’ici 2040.
Un sujet de préoccupation important parmi les participants a été l’entrée en vigueur, depuis le 1er octobre 2023, de la taxe carbone de l’Union Européenne. Cette taxe vise à imposer des droits de douane sur certains produits importés fabriqués par des entreprises situées en dehors de l’Europe, dans des pays aux normes environnementales moins strictes. Étant donné que le Maroc exporte près de 65 % de ses produits vers l’Europe, il pourrait être touché par cette taxe carbone. Les participants ont exprimé des inquiétudes quant à son impact sur les secteurs non décarbonisés ou en retard dans le processus de décarbonisation. Ils ont également appelé à une accélération de la transition vers des énergies plus propres, tout en plaidant pour une communication transparente et efficace sur les progrès réalisés.
Il est essentiel de rappeler que le charbon a historiquement joué un rôle significatif dans la production d’électricité au Maroc, notamment grâce à des infrastructures comme la centrale thermique de Safi. Cependant, cette centrale, d’une capacité de 1 386 MW, mise en service le 8 décembre 2018 avec la promesse de couvrir 25 % des besoins nationaux en électricité, constitue une source de contradiction avec les objectifs de transition énergétique du Maroc. Le contrat d’exploitation de cette centrale s’étend jusqu’en 2048, soit 16 ans de plus que l’objectif d’abandon du charbon d’ici 2040. De plus, le contrat d’achat et de fourniture d’électricité, signé par les cinq sociétés responsables de la construction de la centrale thermique de Safi au Maroc, couvre la période de 2018 à 2048, soulevant ainsi des interrogations sur la manière dont le pays gérera cette transition inévitable.
L’événement des premières journées de la transition énergétique à Tanger a été marqué par une participation active de diverses organisations, telles que l’Initiative IMAL pour le Climat et le Développement, la plateforme PACJA Maroc, l’Alliance Marocaine pour le Développement Durable (AMCDD), l’Observatoire de la Protection de l’Environnement et des Monuments Historiques de Tanger (OPEMH), ainsi que l’Association des Enseignants de Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT). Ce rassemblement sur deux jours a permis des discussions approfondies sur divers sujets d’importance.

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