Maarifpress – poltique
Les organisations sont divisées sur le contrôle des armes à feu ; si les courants libéraux et progressistes appellent à des réformes, d’autres n’évoquent pas le sujet.
Après la fusillade d’Uvalde, au Texas, qui a fait 21 morts – 19 enfants et deux adultes – mardi, les groupes juifs ont émis des communiqués qui ont exprimé de manière unanime le chagrin et le désarroi. En revanche, certaines organisations ont été plus timides que d’autres concernant un appel au passage à l’action et à la régulation des armes à feu.
Parmi les groupes répétant leurs attachement de longue date à un plus grand contrôle des armes, les organisations alignées sur les mouvements réformé et Massorti, Bnai Brith International, le JCPA (Jewish Council for Public Affairs) et le NCJW (National Council of Jewish Women).
Et c’est le groupe NCJW qui s’est assurément montré le plus sévère.
Nous devons mettre un terme aux violences par les armes à feu dans ce pays », a écrit l’organisation sur Twitter. « Nous devons choisir des leaders et des lois qui réguleront et qui restreindront l’accès aux armes. »
Les JFNA (Jewish Federations of North America), qui avaient fait disparaître pendant une période, cette année, le contrôle des armes de leur liste des « priorités publiques », a évité la controverse politique. « Nos cœurs sont brisés », a dit un communiqué, qui a précisé que « nous pleurons cette tragédie terrible aux côtés de la communauté d’Uvalde ».
Les organisations juives ont repris à l’unisson, pendant des décennies, leur appel prônant le contrôle des armes à feu, mais elles ont pris leurs distances face à cette problématique, ces dernières années. Les responsables ont expliqué qu’il était devenu intenable de soutenir un tel appel qui est par ailleurs dorénavant rejeté par une partie de la communauté, dans un contexte de polarisation croissante aux États-Unis.
Quand nous nous prenons la parole sur des questions politiques établies, nous risquons toujours un retour de bâton », avait déclaré David Bernstein, chef du Jewish Council for Public Affairs (JCPA) à JTA en 2018, notant qu’il avait été critiqué par la droite pour s’être exprimé sur la question des armes suite à la fusillade survenue à Parkland, dans un lycée de Floride. Le JCPA a déclaré sobrement, mardi, que « nous devons tous nous rassembler pour mettre un terme aux violences par arme à feu et au terrorisme intérieur croissant dans notre nation ».
La majorité des groupes juifs américains – y compris un grand nombre qui peuvent être considérés au centre ou à droite sur la question israélienne – continue à se montrer virulente sur le sujet. Par exemple, le communiqué de Bnai Brith — une organisation juive vieille de presque 180 ans – note que son président, Seth Riklin, est texan.
« Quel sera le tournant qui permettra à notre pays d’enfin agir en faveur de mesures sensibles de réforme concernant les armes à feu ? », a dit un communiqué émis en son nom et au nom du directeur-général du groupe, Daniel Mariaschin. « Il semble que notre pays soit paralysé par la peur irrationnelle de passer à l’acte pour mettre un terme à ce fléau ».
De son côté, le communiqué émis par le groupe Rabbinical Assembly, affilié au mouvement conservateur, laisse deviner une colère à peine voilée face aux appels traditionnels aux « pensées » et « à la prière » qui suivent généralement les fusillades de masse.
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« Tandis que nos pensées et nos prières les plus sincères sont aux côtés de la population d’Uvalde, accompagnant en particulier les familles de victimes, les pensées et les prières n’ont jamais été suffisantes ; il est largement temps de passer à l’acte », a indiqué son communiqué. « Il est grand temps que les politiciens des États-Unis, qui sont actuellement obsédés par leurs campagnes de réélection, mettent de côté leur esprit partisan pour sauver des vies au sens propre du terme. »
Sur un front plus libéral, deux rabbins réformés n’ont pas hésité, pour leur part, à employer des termes encore plus fort. Le rabbin Rabbi Rick Jacobs, président de l’URJ (Union for Reform Judaism), s’est indigné des informations qui laissent penser que la Cour suprême pourrait encore alléger les restrictions des règles entourant la possession d’une arme à feu, dénonçant par ailleurs et l’échec du Congrès à adopter une loi qui pourrait permettre de mieux les contrôler.
« Aujourd’hui, ce sont deux branches du gouvernement qui vont s’adonner au culte de la mort en sacralisant le second amendement », a-t-il écrit sur Twitter.
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